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Participation de l’EFFE à la conférence numérique de Bucarest organisée par la Commission européenne

22 | 07 | 19

La Présidente de l’EFFE, Marie-Béatrice Levaux est intervenue lors de l’Assemblée numérique 2019 le 14 juin dernier en Roumanie, pour parler des nouveaux métiers de demain.

Ce forum co-organisé par la Commission européenne et la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne a permis aux parties prenantes de faire le point sur les réalisations de la stratégie pour le marché unique numérique, d’en tirer des enseignements et d’échanger des points de vue sur les contours d’une future politique numérique. Cet événement a également été une excellente occasion de montrer comment le numérique transforme nos sociétés et nos économies et comment il peut contribuer à apporter des changements positifs dans nos vies.

La Présidente de l’EFFE est intervenue au sein de la table-ronde « digital4jobs » aux côtés d’intervenants de haut niveau pour évoquer l’impact qu’a la numérisation sur le secteur de l’emploi à domicile en Europe ainsi que comment utiliser les technologies numériques pour « professionnaliser » le secteur et lutter contre le travail non déclaré.

Elle a donc rappelé que si on comptabilisait en 2018 dans toute l’UE, 8 millions de travailleurs domestiques déclarés (soit 4% de l’emploi total), ce chiffre est bien en deçà de la réalité quand on regarde le pourcentage de travailleurs non déclarés, que la Commission estime être en 50 et 70%. Cela ferait donc 8 à 10 millions de travailleurs qui ne bénéficient d’aucun droits sociaux.

C’est de plus un secteur essentiellement féminin (91% des travailleurs sont des femmes, ce qui représente 7,5% de l’emploi total féminin. En outre, plus de 50% des travailleurs domestiques sont des migrants (avec ou sans papiers).

La Présidente a donc dans un premier temps évoqué les plateformes numériques déclaratives en tant qu’outil incitatif au service du travail déclaré. En effet, la simplification et la rapidité des démarches de déclaration constituent, d’autant plus si elles complètent un dispositif de soutien financier à la création des emplois à domicile, des leviers importants d’incitation à la déclaration, et c’est leur but premier.

Cette plateforme de déclaration en ligne permet la transformation immédiate de ces actes mensuels de déclaration en bases de données statistiques exhaustives sur l’activité du secteur. Cela peut également se transformer en un outil d’observation qui permet de mieux appréhender les conditions de travail des salariés, de simuler l’impact des dispositifs sur les finances publiques des États, d’analyser dans le temps l’efficacité des politiques menées et d’identifier les seuils de soutien public en dessous desquels les familles cessent de déclarer ou non leurs salariés à domicile.

Les dispositifs de déclaration numérique des emplois sont donc d’autant plus efficaces qu’ils permettent, non seulement de générer de nouvelles pratiques déclaratives vertueuses sur les plans économiques et sociaux, mais également de fournir aux politiques publiques les pistes et les moyens de leur amélioration continue.

Dans un second temps, la Présidente a souligné que les compétences des salariés du secteur de l’emploi à domicile doivent intégrer de nouveaux savoirs liés au déploiement numérique, pour augmenter la qualité des prestations des métiers qui y sont liés.

Cette transformation numérique impose une nouvelle manière d’appréhender le lien social, la relation à l’autre et les interactions entre générations. Le secteur de l’emploi à domicile, basé sur la relation à autrui, évolue et ses métiers se transforment par l’utilisation des nouvelles technologies. Le lien social, la création de solidarités à l’échelle locale sont indispensables à la cohésion de la société et à la santé des personnes.

Ainsi, si l’emploi à domicile fournit de l’aide, il facilite également le lien entre les générations. Les seniors bénéficient des connaissances de leur salarié en matière d’usage des outils numériques. À leur tour, ils transmettent aussi des « savoir faire» aux travailleurs qui viennent les aider à leur domicile. L’emploi à domicile devient alors un vecteur de transmission de connaissances et de savoirs entre générations.

Des recherches récentes ont montré que sur le nombre croissant de personnes âgées en Europe, une grande partie pouvait être encouragée à utiliser des services en ligne, les technologies modernes de l’information et de la communication (TIC) et l’assistance à la vie autonome (AAL), améliorant de manière significative leur qualité de vie à domicile.

Les soignants et les aidants constituent le « lien manquant » entre les outils numériques et les personnes aidées. Ce postulat a été le point de départ du projet européen Carer+ . D’une part, les travailleurs sociaux et les aides-soignants en Europe, généralement peu qualifiés en TIC, doivent bénéficier de la formation aux outils numériques et de la connaissance des outils associés pour améliorer les services de soins à domicile qu’ils fournissent, ainsi que pour améliorer leur professionnalisation et leurs compétences et les transformer en opportunités d’emploi. D’autre part, une fois qu’ils ont acquis les compétences nécessaires en TIC pour les soins à domicile, ils peuvent répondre efficacement aux exigences de transmission, d’adaptation et de compréhension requises pour introduire des outils numériques et des options appropriées chez les personnes aidées. Ces dernières peuvent ainsi acquérir via leurs soignants des compétences numériques, et se familiariser avec les outils et dispositifs liés qui améliorent le vieillissement actif et leur qualité de vie. C’est d’ailleurs le postulat de base du projet européen « Carer+ » qui a identifié et a développé les compétences d’inclusion numérique, indispensables aux travailleurs sociaux et aux aidants informels (établissant un «cadre de compétences numériques»), mettant à leur disposition un ensemble de parcours pédagogiques et de ressources qui ont répondu aux défis majeurs de leur professionnalisation : isolement, manque d’accès aux technologies, manque de flexibilité dans les modes d’étude, manque de soutien et de motivation, pas d’accréditation officielle, pas de reconnaissance de l’expérience antérieure et manque d’évolutivité. S’il apparaît assez clairement que les métiers du domicile ne seront pas remplacés par les technologies, les robots, les applications numériques, la e-santé et l’ubérisation re-questionnent la mise en relation des personnes et à terme doivent permettre aux travailleurs d’élargir leur champ de compétences et de prouver leur irréductibilité humaine.

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